Pour organiser et planifier
la reproduction en lots

03 Juillet 2013
Mis à jour le : 
10.12.2014 à 15 h 45


Les protocoles de groupage des chaleurs permettent aux éleveurs de planifier et grouper les mises-bas tout en s’affranchissant de la détection des chaleurs.
Eliacoop propose aux éleveurs différents protocoles bovins et protocoles caprins, soumis, en cas d’utilisation de médicaments, à une visite préalable de l’élevage par notre Vétérinaire Conseil et à la délivrance d’une ordonnance.
Les groupages hormonaux enregistrent un taux de réussite à l’insémination équivalent à celui rencontré sur chaleurs naturelles. Ils nécessitent une organisation et un suivi rigoureux des protocoles, en lien avec les techniciens.


Le groupage des chaleurs est un protocole hormonal (et/ou naturel en caprin) de maîtrise des cycles. Il permet de synchroniser la venue en chaleur d’un lot de femelles en vue d’une insémination sur chaleur induite à un moment choisi par l’éleveur.

Le PSE rend les visites d'élevages obligatoires

Eliacoop est habilitée, dans le cadre d’un Programme Sanitaire d’Elevage (PSE), à prescrire et délivrer les médicaments sur ordonnance et à réaliser les protocoles hormonaux de groupage des chaleurs dans les élevages bovins et caprins adhérents, à la condition expresse que 2 visites du cheptel soient réalisées par notre Vétérinaire Conseil sur une période de 5 ans. La première visite est obligatoire avant la délivrance de l’ordonnance.
Le groupage des chaleurs est un outil de plus en plus demandé par les éleveurs pour la bonne organisation de la reproduction. Les synchronisations représentaient 5% à 10% des inséminations bovines premières et 90% des inséminations caprines.

L’intérêt des groupages de chaleurs (synchronisations)

  • Utiliser plus largement l’insémination pour profiter du progrès génétique
     
  • S’affranchir de la détection des chaleurs

La détection des chaleurs n’est pas chose facile pour un éleveur débordé ! Elle dépend à la fois de la capacité de la femelle à les exprimer et de la capacité des éleveurs à les observer. Si l’acceptation du chevauchement est le signe caractéristique de l’expression des chaleurs, 3 vaches sur 10 ne l’expriment jamais. Plusieurs signes doivent donc être associés, comme l’augmentation de l’activité, la présence de glaires ou l’intérêt porté à la zone arrière. Cette observation par l’éleveur doit être régulière : 3 périodes de 15 à 20 minutes sont recommandées par jour, en période de calme.

  • Mettre à la reproduction des femelles non cyclées

Seulement 50 à 70% des vaches laitières ont une reprise d’activité ovarienne dite normale quand il n’est pas rare d’observer chez les allaitantes, 60 jours après les vêlages d’hiver, que seules 30 à 40% des multipares sont cyclées. Certains protocoles à base de progestagènes et de PMSG permettent d’induire des chaleurs chez les femelles non cyclées, mais ne se substituent en aucun cas à une déficience du programme alimentaire.

  • Réduire l’intervalle vêlage-vêlage (mise-bas)

L’allongement de l’intervalle vêlage-vêlage a de lourdes conséquences pour les exploitations, en termes de productivité et de réformes subies. Le groupage des chaleurs est une des solutions à sa maîtrise.

  • Conduire les animaux en lots

La conduite en lots, qui est le mot d’ordre dans les élevages caprins, permet une meilleure organisation et planification du travail.

Les règles d’or pour optimiser la réussite du groupage

  • S’assurer que la dernière visite du vétérinaire conseil d’Eliacoop date de moins de 5 ans
  • Anticiper la demande suffisamment à l’avance pour assurer le délai de délivrance de l’ordonnance et des produits
  • Un minimum de 3 femelles est indispensable
  • Permettre à l’inséminateur de voir les femelles 4 semaines avant le début du groupage
  • Attendre que les animaux soient en reprise de poids pour débuter le groupage et décaler les femelles en état insuffisant
  • Eviter tout stress sur la période de groupage et en particulier toutes manipulations : écornage, déparasitage, modification brutale de l’alimentation, évacuation du fumier, curage…
  • Respecter le protocole indiqué sur l’ordonnance
  • Assurer une bonne contention (animal bien contenu, fertilité accrue)
  • Surveiller les premiers retours en chaleur après insémination

Les protocoles bovins choisis par Eliacoop

Eliacoop a retenu 2 méthodes alternatives aux résultats similaires : le dispositif intra vaginal de Ceva et l’implant auriculaire de MSD Santé Animale. Votre inséminateur saura vous conseiller dans le choix du produit, en fonction de la contention, du délai de pose et du prix.

Le dispositif intra vaginal de Ceva

Ceva est depuis plus de 30 ans un spécialiste des dispositifs intra vaginaux imprégnés de progestérone. Le dispositif actuel bi-matière est fait d’un squelette en polyamide recouvert d’un élastomère innovant en santé animale : l’EVA (Athyle Vinyle Acétate) pour une libération rapide et constante de la progestérone. Une fois posé, il assure un bon contact avec la muqueuse vaginale et procure la libération contrôlée de 1,55 g de progestérone naturelle pendant 7 jours.
En association avec la prostaglandine naturelle (dinoprost), ce dispositif assure la synchronisation des chaleurs et l’ovulation des femelles cyclées. Ajoutée au protocole, la PMSG permet également l’induction et la synchronisation des chaleurs des femelles non-cyclées.


L’implant auriculaire de MSD Santé Animale


9 ans après la suppression de l’œstradiol, les laboratoires MSD Santé Animale (anciennement Intervet) proposent depuis janvier 2013 une solution de synchronisation des chaleurs par implant.

Le protocole de maitrise de l’oestrus est le suivant:
1. Mettre en place l’implant auriculaire pendant 9 à 11 jours.
2. Injecter 500 µg de cloprostenol 48h avant le retrait de l’implant
3. Selon le lot, injecter de la PMSG 400 UI, 500 UI ou 600 UI au retrait de l’implant
4. Selon le lot, inséminer en aveugle 48 heures après le retrait du dispositif ou sur chaleurs observées
5. Ne pas utiliser sur des vaches gestantes ou dans les 60 jours post-partum

Les protocoles caprins

Pour grouper les mises-bas, les éleveurs caprins adoptent la gestion de la reproduction en lots. En moyenne, 30% des femelles de leur troupeau sont inséminées (sans retour), et 90% des inséminations sont réalisées sur protocole de maîtrise de l’oestrus.
Eliacoop distingue deux méthodes de groupage des chaleurs : le protocole hormonal de Ceva, et la méthode de synchronisation naturelle par « effet bouc ». En contre-saison (de mars à juin), nos Techniciens préconisent l’utilisation associée d’un programme lumineux qui favorise la reprise des cycles.

Le protocole hormonal de Ceva

La méthode est utilisable toute l’année sur chèvres et chevrettes. Le protocole complet comprend la pose d’une éponge, dispositif intra vaginal, d’une Prostaglandine (50 µg = 0,2 ml de cloprosténol) et d’une PMSG. Le suivi du protocole demande beaucoup de rigueur de la part de l’éleveur : les produits doivent être conservés au frais (4°C) et à l’abri de la lumière. Les horaires de traitement et les dosages de la posologie hormonale doivent être respectés. Deux Techniciens vous secondent dans l’organisation et le suivi du protocole hormonal : votre inséminateur, également un Technicien de Conseil Elevage, notre partenaire pour le suivi de la reproduction des élevages caprins.

Dans les 30 heures (au maximum) qui suivent le retrait de l’éponge, l’éleveur doit présenter un bouc (isolé depuis deux mois au moins des femelles), afin de détecter les chaleurs. Les chèvres non vues en chaleurs seront destinées à la saillie naturelle.
L’éleveur devra attendre 20 jours pour introduire le bouc auprès des femelles inséminées, afin de garantir la paternité.

La méthode de synchronisation naturelle par « effet bouc »

Hors période de cyclicité installée ou d'anoestrus, l’effet bouc permet de synchroniser les chèvres de façon naturelle. La méthode consiste à introduire un mâle au sein d’un groupe de femelles (20 au maximum) dont il a été séparé pendant au moins 40 jours (1,5 à 2 mois). L’introduction du bouc produit un stress chez les chèvres et déclenche une ovulation induite chez 80% d’entre elles après un contact de 7 jours.
Effectué en septembre-octobre et mars-avril, l’effet bouc permet un groupage des mises-bas (pics de fécondité entre 5 à 10 jours et 20 à 30 jours après introduction du bouc). Les chaleurs se déclenchant sur plusieurs jours, l’éleveur doit systématiquement les confirmer avant d’appeler son inséminateur, par la présence d’un ou plusieurs boucs munis d’un tablier marqueur.
Le reste de la saison sexuelle, le bouc est capable de détecter les chaleurs, mais il n’apporte pas l’effet de synchronisation car les femelles sont déjà cyclées.

Le programme lumineux

En dehors de la période sexuelle (en contre saison), nos Techniciens recommandent l’utilisation d’un programme lumineux associé au protocole de synchronisation (naturel ou hormonal). Ce programme lumineux favorise la reprise des cycles. Il consiste à faire succéder à des jours longs artificiels d’une durée de 16 heures pendant 3 mois, une période de 2 mois de jours courts naturels (12 heures) ou artificiels (mélatonine) pour simuler les conditions naturelles requises au déclenchement de la saison sexuelle.
L’INRA recommande plusieurs protocoles adaptés selon le mois choisi pour les inséminations.
Tous ont recours au traitement lumineux doublé de l’effet bouc pour synchroniser les femelles. Dans certains cas, l’utilisation de l’implant de mélatonine est nécessaire pour simuler les jours courts (3 implants par bouc et 1 par femelle).
 

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