Tout connaître de la technique insémination !

11 Août 2014

L’insémination caprine est une technique qui requiert un équipement spécifique et une formation pointue en anatomie, physiologie et geste opératoire. La réussite de l'insémination reste l’objectif des éleveurs et des inséminateurs qui doivent tenir compte de différents facteurs pour choisir le bon moment de mise à la reproduction, parmi lesquels la détection des chaleurs et la condition de l’animal.
Retrouvez les conseils de nos techniciens dans les chapitres suivants :
L’intérêt d’inséminer
Le matériel nécessaire à l’insémination
Le geste opératoire
Anatomie de la chèvre
Le cycle de reproduction de la chèvre
Les clés de la réussite à l’insémination

L'intérêt d'inséminer

Sécurité sanitaire

Les semences congelées produites par Capgènes présentent de nombreuses garanties sanitaires apportées par les contrôles réalisés dans le cadre de la législation sanitaire en vigueur pour les Centres de Production de Semences.
L’insémination évite l’introduction de reproducteurs extérieurs, mâles ou femelles et prémunit les élevages contre les risques "d’importation" de risque sanitaire dans votre troupeau. De plus l’insémination évite la diffusion d’éventuelles pathologies ou de contaminations bactériennes ou virales liées aux saillies successives de plusieurs femelles par un même mâle.

Renouvellement génétique

Grâce à l’insémination, le renouvellement du troupeau est assuré par des filles issues de boucs connus et d’origines variées. La performance génétique des boucs de Capgènes est garantie par testage sur descendance (production des filles connue).

Gestion de la production laitière

Différentes méthodes telles que le groupage des chaleurs, associées à l’insémination, permettent de maîtriser la reproduction des femelles toute l’année et ainsi de produire du lait aux périodes souhaitées par l’éleveur.

Gain économique

En améliorant le niveau génétique du troupeau, les éleveurs améliorent le potentiel de production des chèvres. Pour une même ration alimentaire, elles produiront un lait de meilleure qualité, en plus grande quantité. La marge brute dégagée par chèvre augmente.


Meilleure organisation du travail
 

 

La conduite en lots liée à l’utilisation de l’insémination permet de mieux organiser le travail. Elle permet d’adapter plus précisément les apports alimentaires en fonction des besoins des animaux aux différents stades de lactation et de regrouper les mises-bas sur des périodes plus courtes et plus précises.


Le matériel nécessaire à l’insémination

L’inséminateur est une personne itinérante qui dispose d’un laboratoire embarqué à l’arrière de son véhicule utilitaire. Très organisé, il vérifie chaque matin, avant de partir en tournée, l’état de fonctionnement et la disponibilité de l’ensemble de son équipement.

La semence de boucs de différentes races

Cette semence est conditionnée en paillettes de 0,25 ml, contenant chacune 100 millions de spermatozoïdes. Chaque paillette est identifiée par un code couleur qui révèle la race, et par un code barre qui assure la traçabilité (nom du bouc, centre de production, date de conditionnement). Les paillettes sont congelées afin d’assurer la bonne conservation des spermatozoïdes. Avant utilisation, elles sont réchauffées à 37°C pendant 20 à 30 secondes dans un décongélateur.

La cuve d’azote pour le stockage et la conservation des paillettes


L’azote est un gaz liquide qui maintient la semence congelée à une température de -196°C. L’organisation des paillettes dans la cuve se fait selon un plan de cuve bien précis. Les paillettes sont regroupées dans des canisters, sorte de récipients en métal que l’ont peut monter et descendre dans la cuve.

Le pistolet d’insémination

La paillette se monte sur un pistolet d’insémination : longe tige de métal qui permet le dépôt de semence dans le col de l’utérus de la chèvre. A son extrémité : un poussoir permet de libérer la semence décongelée.

L’ordinateur

Il sert à enregistrer l’insémination et assurer sa traçabilité (documents techniques de suivi individuel de la femelle inséminée, reconnaissance du père pour la déclaration de naissance, risque sanitaire, évaluation génétique…).
Eliacoop dispose d’un logiciel spécifique aux coopératives de mise en place du sud-est de la France : Wincia, qui permet la mise à jour et le transfert des données vers le centre Arsoe (réseau informatique de l’élevage) dont nous dépendons : CMRE de Ceyzériat (Ain).

Outre ces éléments indispensables, l’inséminateur doit vérifier qu’il dispose également de petits matériels tels que les vêtements de protection, les gaines et les gants à usage unique, le gel lubrifiant, le produit désinfectant…
L’insémination requière des mesures d’hygiène drastiques afin d’éviter toute transmission d’agents pathogènes entre les élevages. Les inséminateurs sont très attachés à la désinfection systématique de tout matériel, y compris leurs bottes !

Le geste opératoire

Inséminer consiste à féconder une chèvre ou une chevrette en déposant la semence d’un bouc dans le col de l’utérus. Pour y parvenir, l’inséminateur utilise un speculum et dépose la semence « à vue ».
Cette action épargne aux spermatozoïdes l’acidité du vagin et le passage d’une partie du col utérin. Toute la difficulté de l’opération réside dans la douceur et la précision du geste. Devenir un professionnel aguerri nécessite de pratiquer régulièrement.

Anatomie de la chèvre

Le tractus génital de la chèvre présente quatre segments distincts :

Le vagin

Lieu de copulation. C’est un conduit cylindrique de 12 à 15 cm de long environ.

L’utérus

Lieu d’implantation de l’embryon puis de la gestation, il est composé en 3 parties : le col utérin, le corps utérin court, les cornes utérines.

Les oviductes

Lieu de fécondation, les oviductes (ou trompes utérines), sont 2 conduits fins longs de 12 à 15 cm situés à l’extrémité des cornes utérines.

Les ovaires

De forme ovoïde, mesurant de 1,5 à 2 cm, et pesant de 3 à 5 grammes, les ovaires sont le lieu de formation des follicules contenant les ovocytes et du corps jaune.

Le cycle de reproduction de la chèvre

Le cycle sexuel des chevrettes se met en place à leur puberté, lorsqu’elles atteignent 7 mois. Elles ne peuvent toutefois être inséminées que si elles ont atteint 60% de leur poids adulte, au minimum 32 kilos pour les Alpines et 35 kilos pour les Saanen.
Le cycle de la chèvre dure 21 jours durant lesquels se développeront 2 à 3 vagues de croissance folliculaire et plusieurs phases successives sous régulation hormonale. Toutefois, sous nos latitudes, la cyclicité de la chèvre est saisonnée en fonction de la durée du jour et de la nuit. Les jours courts de l’automne sont stimulateurs et les jours longs du printemps inhibiteurs. C’est le photopériodisme.

Cette régulation hormonale est générée en cascade au niveau du cerveau : la nuit, la glande pinéale secrète de la mélatonine. Cette hormone stimule l’hypothalamus (glande à la base de l’encéphale) qui génère à son tour la GnRH. La GnRH stimule l’hypophyse qui sécrète alors les hormones FSH et LH ayant un rôle sur les ovaires.

Plus la nuit est longue, plus il y a de sécrétion de mélatonine et plus la chèvre est cyclée.

A chaque vague folliculaire se succèdent une phase folliculaire qui prépare en 3 à 4 jours les chaleurs et l’ovulation, suivie d’une phase lutéale d’une durée de 17 à 18 jours qui prépare l’organisme à la gestation.

Au cours de la phase folliculaire, la FSH est l’hormone qui stimule la croissance des follicules jusqu’à la sélection naturelle du plus gros follicule (dit De Graaf), qui fera éclore un ovule sous l’action de la LH. La LH est l’hormone qui régit la ponte ovulaire et le développement du follicule éclaté en corps jaune. Au pic de LH, le follicule dominant (De Graaf) devient LH dépendant et libère des œstrogènes responsables de l’œstrus (manifestations des chaleurs). 24 heures après le pic de LH, il éclate et libère l’ovule.

La phase lutéale débute après l’ovulation. Elle est caractérisée par la sécrétion de l’hormone progestérone par le corps jaune. La progestérone est dite « hormone de gestation » : en inhibant la sécrétion de GnRH et de LH, elle entraîne la dégénérescence des gros follicules (atrésie), ce qui empêche toute nouvelle ovulation. Si l’ovule est fécondé, l’embryon envoie un message au corps jaune pour qu’il reste en place le temps de la gestation et continue de produire de la progestérone. Si au contraire l’ovule n’est pas fécondé ou si l’embryon n’est pas vivant, il y a luthéolyse : l’utérus secrète de la prostaglandine alpha. Sous l’influence de cette hormone, le corps jaune disparait en 24 heures entrainant la baisse du taux de progestérone. Les hormones FSH et LH reprennent le dessus. C’est le début d’une nouvelle vague folliculaire.

Les clés de la réussite à l’insémination

Pour accroître les chances de réussite à l’insémination, il est fortement recommandé de suivre les conseils suivants:

Choix des chèvres

Le profil idéal de la chèvre pour une mise à la reproduction optimale, c’est 1 femelle :

  • à plus de 170 jours et moins de 300 de la dernière mise bas au moment de la pose des éponges (indispensable !),
  • de moins de 5 ans sinon baisse de la fertilité,
  • n’ayant pas eu de problème de reproduction à la mise bas de l’année précédente,
  • sans pseudo-gestation l’année en cours,
  • ni trop maigre ni trop grasse,
  • ayant reçu moins de 4 traitements hormonaux dans sa carrière.

Etat sanitaire

Il faut procéder, si besoin, au minimum 1 mois avant le début du traitement de synchronisation :

  • aux prophylaxies,
  • à la taille des onglons,
  • au déparasitage.

Alimentation

  • Equilibrer la ration en fibre, énergie et azote, (attention aux risques d’acidose et d’alcalose)
  • Favoriser la reprise d’état corporel 1 mois avant l’insémination,
  • Complémenter si besoin avec des minéraux, des hépatos et des vitamines !

Absence de stress

  • Ne pas sortir le fumier en période de reproduction, (amplitude d’1 moins avant et après l’insémination)
  • Gérer les transitions alimentaires sans changement brutal,
  • Eviter le transport et les changements de lots,
  • Prévoir une bonne contention à l’IA et à l’échographie.

Respect des protocoles

  • Bien organiser tous les chantiers,
  • Respecter les horaires de traitement.

Passage du bouc

  • Eloigner les boucs des lots à inséminer au moins deux mois avant le début du protocole pour éviter la venue prématurée en chaleurs (« effet bouc »),
  • Présenter le bouc (muni de son tablier) pour détecter les chaleurs dans les 30 heures (au maximum) qui suivent le retrait de l’éponge,
  • Les chèvres non vues en chaleurs seront destinées à la saillie naturelle,
  • Afin de pouvoir garantir la paternité, attendre 20 jours après l’insémination pour réintroduire le bouc.

Hygiène

  • Veiller à respecter les normes d’hygiène pour le matériel (aiguilles, seringues) et la visite du troupeau !

Pour les chevrettes…

  • Anticiper le « déflorage » au minimum 15 jours avant la pose de l’éponge,
  • Veiller à ce que le poids de la chevrette soit d’environ 30-35 kilos au moment de l’insémination,
  • L’âge idéal des chevrettes au moment de l’insémination est de 8 mois !
Un chantier d’insémination se prévoit longtemps à l’avance ; il faut anticiper le programme lumineux, le planning d’accouplement, l’alimentation, le déparasitage, le curage, le déflorage, les synchronisations des chaleurs, … Nos experts sont là pour vous accompagner.
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